Grossesse et exposition aux rayonnements ionisants

L'exposition aux rayonnements ionisants suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes chez les femmes enceintes, qu'elles soient exposées comme patientes ou dans le cadre de leur activité professionnelle.

Les effets de l'irradiation in utero

Les principaux effets pour l'enfant à naître sont des malformations et de l'apparition de cancer à long terme.

Les effets malformatifs, effets déterministes au seuil de leur apparition, dépendent du moment de l'exposition par rapport à celui de la conception et de la dose absorbée par le foetus. En effet, la sensibilité du foetus aux malformations est de moins en moins élevée au fur et à mesure de la grossesse. Au stade préimplantatoire (jusqu'à la 2ème semaine), une irradiation peut n'avoir aucun effet cependant dans le cas contraire elle conduit à la mort de l'embryon intra utérine : c'est la loi du "tout ou rien". Au cours de la phase organogenèse (2ème à 8ème semaine), une atteinte d'un groupe de cellules a des risques de malformations majeurs sur un organe. Au début de la période foetal (8ème à 15ème semaine), il y a une diminution du quotient intellectuel à partir de 200 mGy absorbé et une forte probabilité d'arriération mentale profonde à partir de 500 mGy. A 1000 mGy, le QI diminue de 30 points et la probabilité d'arriération mentale profonde est de 0.4. Ces effets sont nuancés à partir de la 16ème semaine et restent moindres au delà de la 24ème semaine.

Le risque de cancer augmente avec la dose. Dans l'état actuel des connaissances, le risque de cancer létal est estimé à environ 1 pour 100 pour 100 mGy reçus in utero. Cette valeur est cependant le résultat d'un calcul et non d'observations.

Les actes médicaux en conséquence

1 - Le principe de justification appliqué à la grossesse
L’irradiation d’une grossesse doit être évitée dans la mesure du possible, que cette grossesse soit connue ou non.
2 - La responsabilité initiale
La recherche de grossesse incombe conjointement au médecin prescripteur de l’examen et au médecin radiologue, réalisateur.
3 - L’information sur l’état de grossesse
A toutes les étapes qui conduisent à la réalisation d’un examen radiologique (prise de rendez-vous au secrétariat, accueil par le manipulateur), on doit rechercher cette information.
Avant tout examen de ce type, chez une femme non ménopausée, la question de grossesse doit être posée.
Chez l’adolescente, l’interrogatoire sera éventuellement mené hors de la présence des parents.
4- Le volume irradié à risque
Plusieurs situations sont possibles et ne sont à envisager que lorsque l’utérus est dans le faisceau primaire,ou susceptible d’être exposé, par le rayonnement diffusé à une dose non négligeable, en pratique toute exploration portant sur le volume situé entre le diaphragme et le pubis. Lorsque l’examen n’intéresse pas ce volume, les doses à l’utérus sont négligeables.
5- Le port d’un tablier de plomb
La réalisation d’un examen éloigné du pelvis :• genou• épaule• panoramique dentaire• scanner de la tête…ne modifie pas significativement la dose reçue au pelvis par le rayonnement diffusé la dose est dose insignifiante. L'EPI (équipement de protection individuelle) peut-être utile pour le confort psychologique de la patiente.
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